Nominations diocésaines : "Avance au large et jetez vos filets" (les commentaires de Mgr Gueneley)

Avance au large »

La dernière parution d’Église en Finistère, (no 211) donnait à connaître les nominations. Mgr Gueneley les commentaient dans les termes ci-dessous.

« Avance au large et jetez vos filets » : ces paroles prononcées par Jésus aux apôtres « qui avaient peiné toute la nuit sans rien prendre » me semblent bien convenir en cette période de nominations dans le diocèse. Elles rappellent que l’Église existe pour annoncer l’Évangile au-delà d’elle-même, comme le bateau est fait pour la haute mer. L’Église a vocation de quitter les ports tranquilles pour se laisser guider par le vent, celui de l’Esprit Saint, vers d’autres terres, d’autres cieux.

 

Une nouvelle traversée, c’est ce que vont faire ceux et celles qui ont accepté une nouvelle nomination ou un renouvellement pour porter l’Évangile de la vie, de la vérité, de la paix, de la joie, de l’amour, en d’autres lieux. Certains vont charger de port pour se mettre au service d’un nouveau doyenné et de nouvelles communautés. Les prêtres le feront avec l’ardeur missionnaire du pasteur qui aime son nouveau troupeau et donne sa vie pour lui. Les diacres vont prendre leur part dans la diaconie de l’Église. Religieux, religieuses et fidèles laïcs, chacun selon leur vocation et leurs charismes vont assurer un nouveau service. Tel ou tel va mettre le cap vers d’autres terres. D’autres arrivent chez nous, quittant leur terre natale d’Europe ou d’Afrique, et vont découvrir une nouvelle langue, une nouvelle culture, une nouvelle pastorale. Certains vont gagner un port plus tranquille en raison de leur âge qui les conduit à ne pas être trop secoués par les tempêtes.

 

« Jetez vos filets »

Je voudrais dire ici ma gratitude à tous ceux qui ont accepté un changement qui prend l’allure parfois d’une charge plus grande. Je remercie Dieu pour leur disponibilité. Quitter un lieu, et surtout une communauté où se sont tissés des liens profonds, est une épreuve. Mais arriver ailleurs permet de découvrir d’autres terres, d’autres milieux de vie, et renouvelle le regard et la capacité d’innover. Jésus lui-même passait d’une rive à l’autre du lac de Tibériade. Quant à saint Paul, il n’a pas ménagé sa peine pour naviguer, afin de fonder et faire vivre des communautés.

 

L’image du bateau pour évoquer l’Église est bien connue. Dans le fond, l’important est de ramer dans le même sans au gré du vent de l’Esprit. Il s’agit de travailler ensemble et de s’attacher à l’essentiel qui est de permettre à un grand nombre de faire l’expérience de la joie de croire, la joie de l’Évangile, d’entendre la parole de Dieu et de s’en nourrir, de recevoir les enseignements de l’Église, en particulier en matière éthique, sociale et familiale, d’assurer la juste célébration des sacrements, spécialement de l’eucharistie, de pratiquer la prière et la fraternité, d’avoir une attention active pour les personnes atteintes par la maladie, les pauvretés, les détresses, l’isolement. On doit vérifier régulièrement si cet essentiel est assuré. Ainsi, les prêtres en lien avec l’évêque, le presbyterium, les diacres doivent veiller à ce que les fidèles laïcs et les personnes consacrées œuvrent à la communion et à un dialogue avec ceux qui sont dans l’Église et ceux qui n’en sont pas. D’ailleurs, en mettant en pratique les Orientations diocésaines, tous prendront conscience qu’ils sont membres de la même Église particulière.

 

Jésus demande de jeter les filets. Nous savons bien aussi que parfois nous sommes plus près dans notre pastorale de la pêche à la ligne. Quelle que soit la méthode, que chacun prenne part à l’activité missionnaire de l’Église diocésaine!

 

+ Philippe Gueneley  

Administrateur apostolique