Diocèse : homélie de Mgr Philippe Gueneley pour le rite d'institution de Joseph et de ses compagnons aux ordres mineurs

Eglise ND de Rumengol
Eglise ND de Rumengol

Vendredi dernier (05/09), Joseph Coste, séminariste en insertion à la paroisse ND du Mur et plus largement par le biais de la pastorale des jeunes, a été institué « lecteur et acolyte » par Mgr Guéneley à la basilique de Rumengol.

A ses côtés, Samuel P., également été admis lecteur et acolyte, et Pierre-Yves M. admis parmi les candidats au sacerdoce.

Par ce rite du lectorat acolytat, l'Église fait confiance au candidat en le chargeant officiellement d’une mission, et celle-ci est une étape importante pour le chemin vers le presbytérat.

Vous trouverez ci-dessous la très belle homélie que Mgr Gueneley a faite à cette occasion.

 

P. Yves Laurent

"Cette institution m’engage dans le service de l’Église et de mes frères"

 

Joseph Coste



Mgr. Philippe Gueneley
Mgr. Philippe Gueneley

ADMISSION ET INSTITUTIONS

Lectures de la messe :  1 Co 4, 1-5 ; Lc5, 33-39

                Ce qu’écrit Saint Paul en s’adressant aux Corinthiens dit quelque chose du ministère apostolique vers lequel une admission et des institutions sont tournées. « Que l’on nous regarde comme les serviteurs du Christ et les intendants des mystères de Dieu. Et ce que l’on demande aux intendants, c’est en somme de mériter confiance. » Ce pour quoi vous êtes admis, Pierre-Yves, et ce pour quoi vous êtes institués, Joseph et Samuel, c’est de servir le Christ et son corps qui est l’Eglise et être des hommes qui suscitent la confiance. Cette confiance vous a été accordée par vos formateurs et par l’évêque. Mais elle devra exister chez ceux avec lesquels vous déploierez votre nouvel état. Soyez des hommes de confiance, des hommes auxquels on fait confiance. Servez suffisamment le Christ et son Eglise pour susciter la confiance. Vous n’êtes pas propriétaires des mystères de Dieu. Vous en êtes les intendants. La confiance qui vous sera accordée par les autres sera à la mesure de la confiance que vous mettrez dans le Seigneur. « Dirige ton chemin vers le Seigneur, fais-lui confiance, et lui, agira », dit le psaume 36.

                La célébration d’une admission en vue du presbytérat n’est pas à séparer de l’ensemble de la mission de l’Eglise. Dans le mot admission, il y a mission ad, mission vers. Certes, l’admission que nous célébrons aujourd’hui est tournée vers le presbytérat. Mais avant d’arriver au presbytérat, il importe de s’imprégner de la triple dimension de la mission de l’Eglise. Toutes trois sont liées. Il n’y a pas d’annonce de l’Evangile qui ne se ressource dans la prière et ne mette en pratique l’amour des frères. Il n’y a pas de service des frères qui ne prenne sens dans la prière et la méditation de la parole de Dieu. Il n’y a pas de prière authentique qui ne se nourrisse de la parole de Dieu et porte les peines et les joies des frères. Tout ministère dans l’Eglise ne peut s’exercer de façon isolée. Il est en articulation avec les autres. Chacun est à  sa place, pour édifier la communauté, édifier, c’est-à-dire  construire la communauté et la faire grandir dans la foi, dans la sainteté et dans la charité.

                Le lectorat et l’acolytat, héritiers des anciens ordres mineurs, font partie des étapes qui conduisent au presbytérat. Le lecteur proclame la parole de Dieu. Cette annonce peut se faire de bien des manières : depuis le simple dialogue jusqu’à la recherche commune du sens des Ecritures, depuis la catéchèse qui initie à la foi et la nourrit jusqu’à l’initiation aux sacrements, depuis l’annonce dans les assemblées liturgiques jusqu’à la transmission à ceux qui ne connaissent pas encore la parole de Dieu. Le lecteur doit sans cesse avoir un amour profond des Ecritures pour devenir un vrai disciple, de telle sorte que cette parole pénètre dans ses décisions et ses actions.

                L’acolyte, du grec akolouthein, accompagner, suivre, est celui qui accompagne le prêtre ou le diacre ou l’évêque, en particulier, pour servir à l’autel et offrir la communion aux fidèles. Pour comprendre la beauté et le sens de l’acolytat, on peut se rappeler que la vie évangélique consiste à marcher avec le Christ, marcher à sa suite, jusque dans sa mort et sa résurrection, en vivant les béatitudes. Etre compagnon du Christ est la condition du baptisé, à plus forte raison celle du prêtre, qui se renouvelle chaque jour dans ce contact profond avec son maître et pasteur. L’acolyte est celui qui ne s’éloigne pas du Christ, qui ne l’oublie pas et qui prépare les cœurs à la rencontre avec le Christ.

                Si le vin nouveau a besoin d’être mis dans des outres neuves, c’est que le vin travaille et qu’il faut du temps pour avoir du bon vin, un vieux vin, qui est bon. L’outre doit résister à la bonne fermentation du vin. Si la parole de Dieu, si l’Esprit de Dieu doivent travailler nos vies pour produire de bons fruits, il nous faut avoir un cœur neuf, renouvelé, fort, débarrassé du mal, être des hommes nouveaux. Ce n’est pas une question d’âge, mais de disposition intérieure.

                Le monde est à la recherche de nouveautés. Mais ce monde ne peut pas être renouvelé sans hommes nouveaux. Ce sont avec eux qu’existera un monde meilleur, un monde plus fraternel et plus beau. Le monde nouveau selon l’Evangile n’est pas conformisme à ce qui est nouveau dans le monde. Toute nouveauté n’est pas bonne à prendre. Comment alors devenir des hommes nouveaux ? Sommes-nous prêts à le devenir, pas seulement un jour, mais tous les jours ? Pour Saint Paul et, je l’espère, pour chacun de nous, c’est la rencontre avec le Christ qui a tellement bouleversé sa vie, qu’il est parvenu à dire qu’il ne vivait pas pour lui-même, mais pour le Christ. Si la première nouveauté radicale a été le moment de notre baptême, d’autres nouveautés ont suivi. Pour vous, Pierre-Yves, Joseph et Samuel, cette admission et ces institutions feront de vous des hommes nouveaux. Nous devenons nouveaux, si nous nous laissons façonner par l’Homme nouveau Jésus Christ. En le suivant, en étant son acolyte, en écoutant et en mettant en pratique sa parole, en remettant plus pleinement et plus totalement notre vie entre ses mains, nous deviendrons des hommes nouveaux. Il nous faudra encore transformer notre façon de faire et de penser. Le temps sur terre nous est donné pour cela.

                Que cette eucharistie renouvelle en nous la volonté de rester avec le Christ, la joie de l’écouter et de le faire connaître comme source de vie nouvelle en ce monde !

 

Rumengol, le 5 septembre 2014                                                             + Philippe GUENELEY