PETITE LECTURE D'ETE (1/3) : le rassemblement dominical

Au coeur de cette période estivale, sur chacune des 3 prochaines semaines, nous vous proposons, en guise de billet, 3 réflexions autour de la thématique du Dimanche.  

Pour commencer la série, Eric Beaumier, dans le Missel des Dimanches, pose le focus sur le rassemblement dominical, invitation lancée à tous les chrétiens à se retrouver pour faire un seul corps, autrement dit pour faire Eglise.


La première caractéristique du culte chrétien est son assemblée parce qu’elle forme alors le Corps du Christ qui est en prière. La sonnerie des cloches, avant tout, appelle les chrétiens à être ce qu’ils sont ensemble : l’Eglise (du grec « ceux qui sont appelés »).

Alors que nos intentions sont souvent très individualistes quand il s’agit d’aller à la messe, l’enjeu est d’abord communautaire puisque nous allons prendre part à l’action de grâce du Christ dans l’eucharistie.

Déjà au 2ème siècle, Pline le Jeune, préfet romain puis proconsul, remarque que les chrétiens « ont coutume de se réunir à un jour déterminé, avant l’aurore, et de dire une prière au Christ comme à Dieu ». Voilà qui rythme la vie des disciples de Jésus.

Mais progressivement la cité étant devenue chrétienne au Moyen Âge, l’Eglise semblait être toujours réunie et le rassemblement hebdomadaire n’apparaissait plus comme primordial.

 

 

 

Le concile Vatican II a rappelé la nécessité du rassemblement chrétien comme une exigence, non pas morale, mais théologique et spirituelle:

Le Christ « est là présent lorsque l’Eglise prie et chante les psaumes (…). Pour l’accomplissement de cette grande œuvre par laquelle Dieu est parfaitement glorifié et les hommes sanctifiés, le Christ s’associe toujours l’Eglise » (Constitution sur la liturgie no 7).

 

 La perfection dont il est question découle de l’action même du Christ qui est à l’œuvre dans la liturgie. Le Christ agit par son Eglise et pas seulement par le ministère sacerdotal du prêtre qui serait isolé du reste des chrétiens. Ceci est particulièrement vrai dans la célébration de l’eucharistie. Mais c’est là aussi que se fonde et se nourrit l’Eglise. La communion fraternelle est le fruit de l’eucharistie célébrée ensemble. Selon la formule célèbre du Cardinal Henri de Lubac: « l’Eucharistie fait l’Eglise et l’Eglise fait l’Eucharistie ».

Bien sûr, la liturgie n’est pas le tout de la vie spirituelle, mais l’eucharistie est le sommet et la source de la vie de l’Eglise. Le caractère fraternel de nos rassemblements, issu de la connaissance mutuelle et de temps de convivialité, n’est donc pas un élément accessoire du rendez-vous hebdomadaire où nous célébrons la mort et la résurrection du Christ.

 

 

Eric Beaumier, in le Missel des Dimanches, p.83.