PETITE LECTURE D'ETE (3/3) : le dimanche donne sens au temps

Pour ce dernier volet de nos "lectures estivales" sur la thématique du Dimanche, nous sommes invités par Elisabeth Gueneley à redécouvrir le Dimanche comme l'alpha et l'Oméga de toute chose.


Lorsqu'on regarde le spectacle du monde en considérant ses réussites et ses maux, ses inquiétudes et ses espoirs, on peut avoir l’impression que l’histoire se répète.

Plus de deux siècles avant notre ère, le sage Qohèleth livre déjà cette expérience:

 

« Vanité des vanités, tout est vanité! […] Ce qui a existé, c’est cela qui existera; ce qui s’est fait, c’est cela qui se fera; rien de nouveau sous le soleil. Y a-t-il une seule chose dont on dise: « Voilà enfin du nouveau! » - Non cela existait déjà dans les siècles passés » (Qo 1,2.9-10).

 

Qohèleth est un croyant mais ses paroles résonnant encore aux oreilles de nos contemporains n’assument  pas la radicale nouveauté de l’événement de la résurrection du Christ qui, dans l’histoire de la Révélation, vient donner la signification du temps.

 

 

 En effet, les évangiles soulignent que le Christ ressuscité se manifeste « le premier jour de la semaine »: il apparaît aux saintes femmes, puis aux disciples d’Emmaüs et, ce soir-là, il se trouve au milieu de ses disciples réunis au Cénacle.

« Huit jour plus tard », précise encore l’évangéliste Jean, « Jésus vient […] et il était au milieu d’eux » (20,26). C’est ainsi que dès les premiers temps de l’Eglise s’instaure chez les chrétiens un nouveau rythme: « Le premier jour de la semaine, ils se rassemblent pour rompre le pain » (Ac 20,7). Ce premier jour de la semaine sera aussi appelé le huitième jour pour marquer la présence d’un monde nouveau: le Christ qui, dans sa chair, s’est montré victorieux de la mort reviendra dans la gloire pour la faire disparaître à jamais (Ap 21,4).

 

Ainsi le dimanche signifie à la fois la fin d’un temps et le commencement d’un nouveau temps: par la Résurrection, la création depuis son commencement est rendue à son éternité. Au fil des semaines, des années et des siècles, chaque dimanche est le rappel de Pâques: lorsque les chrétiens sont rassemblés pour célébrer l’Eucharistie, c’est Dieu lui-même qui fait irruption dans le temps des hommes pour que ce temps passe dans l’éternité de son Royaume où il les appelle à servir en sa présence.

 

 

Chaque dimanche, les chrétiens sont invités à rendre grâce à Dieu en reconnaissant que c’est non seulement l’Eglise mais tout l’univers et son histoire qui avancent vers ce jour final, celui de la Parousie, où retentira la voix de celui qui siège sur le Trône:

 

« Voici que je fais toutes choses nouvelles. […]

Moi je suis l’alpha et l’oméga, le commencement et la fin. »

(Ap 21,5-6).

 

Elisabeth Gueneley, in "le Missel des Dimanches 2017", p. 554.