« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » (Mt 11, 28)

Le 5 juillet 2026


    Une histoire vraie racontée par un missionnaire en Amérique du Sud : « un soir, je croise une jeune fille, remontant un chemin assez abrupt. Elle portait un très jeune enfant sur son dos… et je lui dis en la croisant : ‘il doit être lourd le fardeau que tu portes sur ton dos ! ’ Et elle me dit : ‘non ! non ce n’est pas un fardeau, c’est mon frère’ ! Cette phrase m’a laissé sur place. Et certains soirs, lorsque ma paroisse devient lourde à porter, je repense à ce que disait cette jeune fille : ‘non, mes paroissiens ne sont pas des fardeaux, ce sont mes frères »

Jésus est le bon pasteur qui porte ses brebis

Cette réflexion de la jeune fille ouvre des dimensions insoupçonnées de la personne divine de Jésus … la première : Jésus nous porte ! il n’est uniquement à coté de nous dans les épreuves, il nous porte sur ces épaules, comme la brebis blessée que le bon Pasteur a retrouvé : « et il l’a prend sur ses épaules…! » … quelquefois nous devons faire confiance aux épaules d’un autre dans la vie pour avancer, soit celle d’un conjoint, d’un fils, d’un prêtre, d’un ami… Jésus est une épaule divine dans nos épreuves, il faut le croire et nous reposer sur Sa personne ! Cela, il faut y croire, car ce n’est pas automatique de faire confiance à de l’Invisible. Déjà l’ancien testament, Dieu dit à Moïse, dans une relecture de la libération d’Egypte :   « Vous avez vu ce que j'ai fait aux Egyptiens; comment je vous ai portés comme sur des ailes d'aigle, et vous ai amenés à moi. » (exode 19).

 

la deuxième : Jésus subit pour nous le chemin abrupt de la croix avec nous sur son dos… Il ne porte pas nos croix à notre place… ceci est une mauvaise théologie ! Nos douleurs sont vraiment nos douleurs… mais nous les vivons en Lui et le chrétien peut dire comme Saint Paul : ce n'est plus moi qui vis, mais Christ qui vit en moi ; et la vie que je mène maintenant dans la chair, je la mène par la foi au Fils de Dieu, qui m'aimé et s'est
donné lui-même pour moi." (Galates, 2, 20)… vivre nos fardeaux en Lui ayant supporté tout le mal du monde, l’ayant assumé… C’est pourquoi Jésus dit : « venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau »… Si ne nous ne venons pas à Lui, rien ne se fera ! nous serons toujours dans notre solitude souffrante ; Nous reposant sur Lui, nos fardeaux deviennent habités !


la troisième : nous ne sommes pas pour Jésus des fardeaux, mais des frères… En entrant dans la foi en Jésus, il nous adopte comme un petit frère, lui qui est le frère ainé. Dieu désire que nous soyons « conformes à l’image de son Fils, afin qu’il soit l’aîné d’une multitude de frères » (Romains 8,29). Cette idée, Jésus lui-même la renforce en répondant à sa famille biologique l’attendant dehors : « Qui sont mes frères ?  Ma mère et mes frères sont ceux qui écoutent la parole de Dieu et la mettent en pratique. » (Luc 8 , 21). Et cette écoute est un ‘joug’ (prenez sur vous mon joug), facile à porter.
Demandons à notre ‘grand frère’ de porter nos fardeaux surtout quand ils ont impossibles à porter pour nos frêles épaules …

+ père Jean-Michel MOYSAN, curé