Eté spirituel 2026 : un saint par semaine Saint Bernard
Le 16 août 2026
Jeudi 20 août nous fêterons la Saint Bernard. Ce moine cistercien du XIIème siècle a eu un très fort retentissement
spirituel, contribuant à fonder, selon la Légende Dorée de Jacques de Voragine, cent soixante monastères, dont, peut-être, l’abbaye du Relec, car celle-ci fut fondée de son vivant.
Méditons deux épisodes de sa vie, telle que rapportée par
la fameuse Légende Dorée :
Un jour, Bernard, malade et presque à bout de forces, futemporté en esprit devant le tribunal de Dieu. Et Satan y vint, de son côté, la bouche remplie d’accusations injustes contre lui. Et, quand l’adversaire eut fini de parler, Bernard, confus et troublé, se borna à répondre : « je l’avoue, je ne suis point digne d’obtenir le ciel par mes propres mérites. Mais comme mon maître Jésus a obtenu le ciel par deux mérites, à savoir l’héritage de son père et les souffrances de sa passion, j’ai l’espoir que, se contentant d’un seul de ces mérites, il voudra bien me faire don de l’autre ! » Ce qu’entendant, l’ennemi s’en alla tout honteux, et Bernard s’éveilla de sa vision.
Cet épisode nous enseigne la véritable attitude chrétienne face au jugement. Non pas vouloir être irréprochable et chargé de ses mérites, mais au contraire lucide de sa propre misère et confiant dans la miséricorde de Dieu. Au passage, Bernard nous rappelle l’importance du baptême, qui nous fait héritier de Dieu, puisqu’il nous confère l’adoption filiale. Il nous rappelle également que c’est l’amour de Jésus pour nous qui lui a fait endurer sa passion pour nous sauver. Nous sommes bien trop faibles pour l’imiter sur ce point, mais, comme saint Bernard, nous pouvons avoir « l’espoir que, se contentant d’un seul de ces mérites, il voudra bien me faire don de l’autre ! » Et c’est ainsi que nous recevons la force de Dieu dans toute épreuve.
Un jour, comme il prêchait devant le peuple, et que tous buvaient ses paroles, l’idée lui vient soudain de se dire :
« Tu prêches vraiment très bien, et on a plaisir à t’entendre ! » Alors, devinant la tentation qui se cachait sous cette idée, il se demanda s’il ne ferait pas bien de cesser de parler. Mais aussitôt, réconforté du secours divin, il répondit tout bas au tentateur : « Ce n’est pas toi qui m’as fait commencer de parler, ce n’est pas toi qui m’empêcheras d’achever ! » Après quoi il acheva tranquillement sa prédication.
Autre leçon du saint : quand on fait le mal, notre conscience nous donne des scrupules pour nous inciter à arrêter. Mais quand on fait le bien, c’est le tentateur qui nous en donne pour nous stopper. Alors si notre conscience ne nous accuse pas, rendons à Dieu toute la gloire ! C’est ce que dit Saint Paul à sa manière : « Ma conscience ne me reproche rien, mais ce n’est pas pour cela que je suis juste : celui qui me soumet au jugement, c’est le Seigneur. [...] As-tu quelque chose sans l’avoir reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi te vanter comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Co 4, 4.7) C’est Dieu qui nous donne
nos talents, à nous de bien les employer à son service et au service du prochain.
+ Père Jean NIELLY, Vicaire.

dimanche 28 juin 2026