EUTHANASIE : ET SI DEMAIN, VOTRE MAMAN EN EHPAD DEMANDAIT LA MORT

Le 25 janvier 2026


J’ai été célébrer la messe dans un EHPAD de la paroisse récemment… Dans les couloirs régnaient la tristesse, l’ennui, l’inactivité, malgré la télé allumée, les bonjours et les ‘'comment ça va, aujourd’hui, Madame… " de tout un chacun passant là, pressé par les tâches à remplir, car il y a tant à faire dans une maison de vieux !

Quand nous y célébrons la messe, j’avoue que c’est un combat intérieur pour faire émerger un peu d’enthousiasme et réveiller le désir de vivre, car quelquefois, c’est le grand mutisme ! et quand je vois des animateurs s’affairer à donner vie et enthousiasme à des personnes par les jeux, les chants et autres épreuves d’histoire, j’ai envie de les remercier, car le désir de mourir peut très vite pointer du nez et envahir l’âme : "A quoi je sers, je coûte à la société, mes enfants ne viennent plus me voir"

Et si un jour, mon père ou ma mère en EHPAD, fatigué de vivre, demandait l’euthanasie, lors d’une des visites que je lui ferai… quelle sera ma réaction ? Ce sera sa dernière volonté , sa directive anticipée… Si la loi passe, j’y serai obligé ! Mais qui va exécuter la tâche ? Je me refuserai de le faire… Sera-ce donc au médecin traitant d’accomplir le travail ? si c’est un suicide assisté, sera-ce à moi de fournir les médicaments mortifères après avoir été chez le pharmacien ? Que c’est glauque tout ça !

A l’envers, j’ai l’impression que les députés et les sénateurs, dans leur souci moderne de favoriser la liberté de choix travaillent à rebours de l’enthousiasme des intervenants en EHPAD qui cherchent à favoriser le désir de vivre ?

Le Père Patrick Verspiéren, jésuite, spécialiste de bioéthique disait il y a 30 ans qu'une loi autorisant l’euthanasie risque de casser les ressorts des soignants travaillant en soins palliatifs : ne pas donner la mort, mais accompagner. Si l’euthanasie est juridiquement possible, pourquoi se battre ?

 

‘Tu ne donneras pas la mort’, injonction biblique, est un socle fondateur d’une vie sociale, un parapet, une digue, une barrière pour que la puissance de la désespérance n’envahisse pas l’âme… et ne supprime pas l’élan vital qui doit animer les force sociales en présence dans les familles, chez les travailleurs de la santé, dans les associations et dans les églises.

Il est vrai que nous sommes en démocratie, forme de gouvernement par le peuple qui est souverain…. mais qui nous dira qu’un jour le peuple ne demandera pas le rétablissement de la peine de mort, l’autorisation du travail des enfants à 12 ans, le renvoi massif des immigrés à la frontière… Que feront députés et sénateurs face à la colère du peuple, à ses revendications intempestives ? la politique demande aux représentants d’avoir des valeurs de fond dans leur conscience : le refus que la mort soit donnée sous quelque forme que ce soit en est une ! la fraternité pour les plus fragiles (au moment de la vieillesse) en est une autre !

Ecrivez à vos députés et sénateurs, avant qu’il ne soit trop tard… et suppliez-les : ne permettez pas cela !

+ Père Jean-Michel Moysan , curé