FRATERNITE MORLAIX-REO : Visite du village de Tiebele et de ses maisons peintes à la main

C'est une petite page tourisme que nous propose aujourd'hui Luc Barcelo, président de la Fraternité Morlaix et Réo, avec la visite de Tiebele (Burkina Faso).

Avec toutes maisons peintes à la main par les femmes, ce village est une véritable oeuvre d'art ! 


"Lors du dernier voyage de la fraternité au Burkina, en début de cette année, nous sommes bien sûr allés saluer le Père Simon Zongo à Pô ! Celui-ci a tenu à nous servir de guide pour l'immanquable visite de Tiebele, à quelques 30 km seulement de là...

Situé dans la province du Nahouri, près de la frontière du Ghana, Tiebele est peuplé par les kassenas qui font partie des gurunsis , la même ethnie qu’à Réo.
 
La particularité de Tiebele tient à ces concessions, qui ressemblent à de petits fortins : les cases, de forme carrée ou cylindrique, sans ouvertures vers l’extérieur, avec des leurs toits en forme de terrasses, sont reliées entre elles par de petits murets.

A l'origine, les concessions étaient construites ainsi dans un but défensif, avec des ruelles étroites, qui forment de véritables labyrinthes. L’ouverture de la case est très basse afin d’obliger le visiteur à se mettre à quatre pattes pour rentrer et ainsi attaquer l’éventuel assaillant.

Les murs des maisons sont en latérite, et le long de ces murs sont aménagées des banquettes qui peuvent servir à se reposer, à tresser des paniers ou encore à confectionner des poteries.

 

Au fur et à mesure que la famille s’agrandit, d’autres cases sont construites en cercles concentriques, autour  du noyau originel.

 


Les murs sont peints de grandes fresques, noires et rouge brique, réalisées par les femmes mariées, avec de multiples motifs graphiques qui symbolisent les objets du quotidien : calebasses, tiges de mil, peau de panthère, cannes, balais ou encore des animaux : serpents, biches , éperviers...

 

Le triangle y figure une brisure de la calebasse, symbole de la condition humaine : ainsi, sur la tombe de l’homme, on casse la calebasse dans laquelle il buvait, et sur la tombe de la femme, la calebasse avec laquelle elle faisait la cuisine.

Dans la cuisine, on trouve des tables pour moudre le mil, des canaris (récipient en terre cuite pour l'eau potable), où le mil est entreposé pour la période de la soudure, sans oublier les calebasses où les femmes cachent leurs économies !


Merci au père Simon de nous avoir fait visiter Tiebele : cela vaut vraiment le détour pour tous ceux qui veulent découvrir le Burkina Faso."
Luc Barcelo

(Photos : Fraternité Morlaix-Réo)