· 

"En le voyant marcher sur la mer…"

Des amis m’ont dit un jour : « Ça  c’est impossible ! Tu y crois, toi ? » J’en ai été secoué ! Que faire, alors, de tous ces miracles de guérison, de ces réanimations de corps (la fille de Jaïre, Lazare), des multiplications des pains, de cette autorité sur les éléments de la nature ?



« rien n’est impossible à Dieu »

Il faut patienter avec les textes décrivant l’impossible, les regarder longuement, les laisser parler à notre intelligence, surtout à notre intelligence spirituelle…  Non pas que cela soit impossible en soi pour Dieu de marcher sur l’eau, car « rien n’est impossible à Dieu », mais d’abord voir en quoi il nous parle spirituellement… c’est la porte de sortie de ‘l’incroyable’ vers du ‘croyable’ !

Disons-le d’un trait : Jésus marche sur la mer, c’est Jésus qui marche sur le mal ! La mer, c’est le mouvant dans la Bible … La mer avale les bateaux, fait mourir des hommes ! Les israélites ont été effarouchés par la mer rouge devant eux. C’était un mur. Qui allait les sauver ? Et le livre de la Sagesse écrit sur le tard reflète cette expérience : « On vit la terre sèche émerger de ce qui était l’eau, la mer rouge devenir un libre passage, les flots impétueux une plaine verdoyante. » (Sg 19,7)

 

Christ devient pour eux une terre ferme loin des terreurs

La mer physiquement menace et désigne la noyade spirituelle : « Sauve-moi, ô Dieu, car les eaux me sont entrées jusqu’à l’âme… Je suis entré dans l’abîme des eaux et le flot me submerge…Tire-moi du bourbier, que je n’enfonce, que j’échappe à mes adversaires, à l’abîme des eaux ! » (Ps 69 2-3.15)

Un autre psaume rapporte une expérience d’un voyage en mer déchaînée : « Et ils criaient vers le Seigneur dans la détresse, de leur angoisse, il les a délivrés. Il ramena la bourrasque au silence et les flots se turent. Ils se réjouirent de les voir s’apaiser, il les mena jusqu’au port de leur désir. » (Ps 106,28-30).

Quand Jésus marche sur la mer, il marche sur la puissance du mal qui menace les disciples. Le Christ devient pour eux une terre ferme loin des terreurs… c’est la paix retrouvée.

Mais l’interprétation spirituelle est-elle de la facilité, face à l’incroyable de Jésus marchant physiquement sur la mer ? Disons ceci : peut-être est-il plus difficile de marcher sur le mal, de contenir les puissances du Mauvais que de marcher physiquement sur la mer ! Mais les deux ne peuvent être que l’œuvre de Dieu qui sauve ‘par sa puissance’.

 

P. Jean Michel Moysan