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Carême 2021 : Témoignages autour du Service de la fraternité (diaconie)

Plusieurs personnes agissant au Secours Catholique, au CCFD ‘Terre Solidaire’ et à l’accueil Saint Vincent de Paul se sont retrouvées pour témoigner de leur présence chrétienne auprès des plus démunis.



Marie Antoinette B., Secours Catholique

Je suis au secours catholique et je m’occupe du groupe de convivialité pour faire le voyage de l’Espérance à Lourdes à l’automne. Ces gens aiment les retrouvailles, notamment certaines personnes qui sont isolées. On se réunit tous les trois mois. Ils aiment cela. Elles voudraient bien refaire des réunions, mais c’est difficile aujourd’hui. Ce sont des gens qui ont vécu des choses difficiles. Je prépare, pour le mois d’octobre, un nouveau voyage de l’espérance.

 


Jean H., CCFD ‘terre solidaire’

L’épreuve est de lutter contre la faim, 2 milliards de personnes qui souffrent de l’insécurité, 800 millions sous alimentés et 500 millions dans des pays en conflits.

Lutte pour les droits humains : en Afrique, ce sont les femmes qui prennent en main leur développement. Les droits fondamentaux ne sont pas respectés : en Brésil, paiement de la terre à petit prix et déménagement en bidonvilles, travail des enfants ( 100 millions d’enfants qui ne vont pas à l’école) ; les enfants des rues souvent victimes d’exploitation sexuelle ou de trafic humain ; 10 millions d’enfants meurent avant 5 ans.

Nous intervenons auprès des élèves de 5ème à partir d’une baguette de pain, jeu où on montre le partage de la nourriture entre pays riches et pays pauvres. Ces derniers n’ont que les miettes. Richesses inégalement réparties.

 


Jean-Claude C. , Accueil Saint Vincent de Paul

Nous donnons de l’aide matérielle, service d’accueil et d’enseignement (10 enseignants), il y a des migrants qui viennent… visite à domicile. Il y a de la spiritualité proposée pour les bénévoles.
Pour st Vincent de Paul, on a envoyé au Liban un container avec des lits. On a joint 70 cartons de vêtements. Tous les ans au Burkina, don à St Vincent de Paul Réo : pour acheter du maïs aux gens les plus nécessiteux. C’est le même esprit que St Vincent de Paul en France.

 


Et la foi là-dedans ?

La foi aide à espérer et à continuer à s’engager, à se décourager… c’est passager ! Je fais un parallèle avec la vie du Christ. Il est un exemple pour moi. Ca doit nous encourager à supporter les choses ; Le Christ a dit : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » Il y a aussi cette parole : « A qui irions-nous, tu as les paroles de la Vie éternelle »

Il faut que l’on développe la spiritualité. 


Jean-Claude C., Accueil saint Vincent de Paul

Nous allons à Domicile. Nous sommes à 5 ou 6 visiteurs à domicile… nous organisons des apéros pour faire un lien entre personnes d’un même immeuble.
L’importance du groupe convivialité qui revient tous les deux mois : retrouvailles, partage d’évangile, et goûter. Ils aiment se retrouver pour chanter.


Jean H., CCFD ‘terre Solidaire’

Mon autre projet concerne le problème des migrants : sensibiliser ici sur ce qui se passe là-bas, survie dans des camps de fortune (comme la famille présente sur Morlaix qui est restée longtemps dans des camps avant de venir en France), arrivée en France, difficultés de la langue ; le CCFD lutte pour leur situation économique chez eux. 


Un pèlerin du Voyage de l’Espérance (Secours catholique) P., 32 ans:

« Je souhaite partager avec tout le monde les moments que j ai vécu lors du voyage de l' Espérance à Lourdes.  J’étais hébergé à la cité saint Pierre, un très bel endroit ! Jai pu réaliser un rêve que j avais en moi depuis longtemps. Beaucoup de choses ont changé dans ma vie, depuis je regarde le monde d’une façon différente, j ai aussi découvert que la vie était simple avec les gens qui m’accompagnaient et que nous étions tous pareil. Je suis allé à plusieurs reprises prier la vierge Marie à la grotte et à chaque fois je pleurais devant elle en déposant là tous mes soucis… J’ai aussi pleuré à la piscine surement pour la même raison. Sur les pas de Bernadette je me suis souvenue de mon enfance. Ce voyage a rendu mon cœur plus léger et ma foi n’a cessé de grandir depuis je me sens plus apaisée  maintenant. C'est une expérience que je souhaite à tout le monde. Il faut l'avoir vécu pour le comprendre. Je remercie toutes les personnes qui ont fait ce voyage avec moi, les accompagnants ; le secours catholique. merci Vierge Marie. »


Jean-Claude B., accueil Saint Vincent de Paul

Avant il y avait un gîte de nuit, fermé en 2002. Il fallait réinvestir dans le bâtiment. On a dû fermer pour des causes de sécurité. La violence entre eux a aussi amené à fermer. Nous étions 35 : repas, puis nuits. A st Vincent de Paul, nous avons des pièces vides… mais pourquoi ne pas faire deux studios pour accueillir ?

Est-ce que Jésus tolère tout cela ? Les gens disent que si Dieu existait, il n’y aurait pas tout ça ; notre foi nous aide à nous aider à nous engager.

Nous sommes persuadés que ce que nous faisons, on le fait avec notre âme. Comment expliquer cela ? C’est difficile !


Jean H., Secours catholique

C’était il y a quelques années. Comme il le fait tous les ans au mois de juillet, le Secours Catholique organisait un séjour pour des enfants dans des familles de vacances. Une vingtaine d’enfants du secteur de Morlaix partaient ainsi pour 3 semaines en Ille-et-Vilaine ou en Mayenne. Les services sociaux nous avaient signalé une famille dont les enfants auraient bien besoin de vivre cette expérience. Nous allons les rencontrer à leur domicile : 3 enfants sont en âge de partir. Ce sera des vacances pour eux avec la découverte de nouveaux horizons, de nouvelles façons de vivre... La mère, admirable, est tout à fait partie prenante : elle nous aide à remplir les dossiers. Mais nous voyons assez peu le père. Le séjour se passe bien et il se renouvelle à chaque mois de juillet tant que les enfants sont en âge de partir. Nous les rencontrons au moins deux fois par an : pour constituer les dossiers et faire le bilan à la fin du séjour et au fur et à mesure nous sentons la tension qui règne au sein de la famille. Quelques années plus tard, nous rencontrons à Morlaix la mère de famille qui nous reconnaît, remercie le Secours Catholique. Elle nous parle bien sûr de ses enfants, nous annonce qu’elle a quitté son mari et elle ajoute : « Je suis bien contente de ne plus avoir besoin du Secours Catholique, désormais je travaille et je peux me débrouiller ! » Avec un coup de pouce, elle avait pu s’en sortir !

 


Témoignages recueillis par le P. Jean Michel Moysan