· 

« Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. » (Matthieu 11, 25)

Le contexte de ce passage est celui de l’incrédulité des gens à son égard : « il se mit à invectiver les villes qui avaient vu ses nombreux miracles, parce qu’elles ne s’étaient pas converties » (verset 20)… sans oublier les polémiques contre les pharisiens (les ‘sages et savants’ de l’époque). Jésus fustige ceux qui ne l’écoutent pas, car ils sont ‘forts’ de leur savoir ou de leur sagesse.

 

Et aujourd’hui, ces ‘sages’ argumentent en vous démontrant que la foi en Dieu est une illusion, qu’on ne peut croire en Dieu quand on est intelligent, que Dieu est une béquille pour les faibles, qu’ils sont, eux, adultes, ‘grands’ et que Dieu, c’est bon pour les malades, les vieux et les sans culture, bref les ‘tous petits’. 

 

 

Or L’ancien testament est féroce contre cette posture de toute puissance : « Quand vient l’orgueil, vient aussi le mépris, mais la sagesse est avec les humbles. » (proverbes 11, 2) ou « N’aspirez pas à ce qui est élevé, mais laissez-vous attirer par ce qui est humble. Ne vous prenez pas pour des sages. » (Romains 12, 16). Bref, Dieu leur reste caché ! pour que Dieu se montre à nous, il faut un désir fort de le trouver… il nous faut être habité par un ‘manque’ comme le disent les psycho-logues. C’est dans le ‘manque à être’, dans cette fragilité que l’âme devient sensible et non pas dure dans ses certi-tudes, qu’elle s’ouvre et résonne à l’exis-tence de Dieu. Alors cette âme boit, vit et témoigne de Dieu dans une grande liberté par rapport à ses idées, ses certi-tudes et son savoir.

 

 

Voilà la notion de tout petit : chez lui la relation de confiance en Dieu est pre-mière, avant ses idées, sa sagesse et sa volonté de pouvoir. Il se reconnait tout-petit devant Dieu et devant les autres, car il doit s’appuyer sur Lui pour vivre… et par ce fait, ces tout-petits deviennent puissants : « Par la bouche des enfants, des tout-petits, tu affirmes ta puissance devant tes ennemis, ainsi tu fais taire tes adversaires qui sans cesse luttent contre toi ! » (Psaume 8).

Ce choix du Dieu de la fragilité est une force énorme contre le mal… c’est Jésus, fragile et puissant que Dieu le Père a envoyé dans le monde : « Dieu a choisi ce qui est folie aux yeux du monde pour couvrir de honte les sages » (1 Co 1, 27) Louons le Seigneur d’avoir sauvé le monde par la fragilité forte de Jésus le ‘tout petit’ face au mal et à la mort. De-venons sensibles à Lui, il nous sauvera !

 

Père Jean-Michel Moysan, curé

 

 



mmm

mmm