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«  Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent. » (Mt 21, 39)

Cette parabole des ‘vignerons homicides’ est l’histoire symbolisée du peuple d’Israêl qui est la vigne de Dieu : « La vigne du Seigneur de l’univers, c’est la maison d’Israël. Le plant qu’il chérissait, ce sont les hommes de Juda. Il en attendait le droit, et voici le crime » (Isaïe 5, 7).

Reprenons la parabole. Un homme propriétaire loua la vigne à des vignerons… et au moment des ‘fruits’, il envoya des émissaires pour se ‘faire remettre le produit de la vigne’. Et ceux-ci furent tués… Réfléchissons ! la vigne n’est pas aux vignerons, elle est à Dieu ! les fruits de la Vigne reviennent à Dieu, ils n’appartiennent pas aux vignerons ! On peut quelquefois s’approprier les fruits de notre vie chrétienne, les dons que nous avons, les beaux charismes dont nous sommes dotés pour en faire un motif d’orgueil, pour de l’égocentrisme, pour les détourner à nos profits « malheurs à vous, hypocrites, car vous dévorez le bien des veuves », dit Jésus aux pharisiens (Matthieu 23). Mais cela est pour Dieu ! Tout vient de Dieu et y retourne ! Et le prophète Isaïe le dit par un poème : « Mon ami avait une vigne sur un coteau fertile. Il en retourna la terre, en retira les pierres, pour y mettre un plant de qualité. » (Isaïe 5). Cet ami, c’est Dieu qui soigne sa vigne, car il l’aime… les fruits sont là pour être donnés et pas pour être retenus ! Tout rendre à Dieu et ne rien retenir, voilà l’Absolu !

Et la Parabole continue : il leur envoya son fils en disant : « ils respecteront mon fils !» le Fils n’a pas pu obtenir les fruits de la Vigne, car en égoïstes, les vignerons ont voulu les garder et ce fils, Ils ne l’ont pas respecté, ils l’ont tué, car ils voulaient récupérer l’héritage. L’égoïsme peut tuer ! mais répétons-le : les fruits sont pour Dieu, c’est-à-dire pour tous.

Mais Dieu le Père ne ‘lâche pas la grappe’. Il continue à bâtir sa vigne… avec la pierre rejetée (Jésus)… Il fait de Lui une pierre angulaire du Royaume et aussi de l’Eglise ! Et en le choisissant comme Maître de notre vie, Il devient notre pierre d’angle, force de notre bâtisse intérieure ! Puissions-nous être à la hauteur pour ne pas entendre le couperet asséné aux grands prêtres  : « Le royaume de Dieu vous sera enlevé pour être donné à une nation qui lui fera produire ses fruits. » (Matthieu 21, 43)… pour cela, plantons-nous en Jésus et laissons-nous émonder pour tout donner à Dieu !

 

+ Père Jean-Michel Moysan, curé