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"Prenez garde de ne pas vous laisser égarer." (Luc 21,8)

Ce dimanche, nous écoutons des textes sombres : Jésus parle aux foules de la fin des temps : « on se dressera nation contre nation, il y aura de grands tremblements de terre,… » Cela ressemble à notre époque, vous ne trouvez pas !… Mais Jésus leur dit : « prenez garde de ne pas vous laisser égarer… »  Gardons notre sang-froid ! Soit, mais après, que faut-il faire ? Réfléchissons…

Une ambiance de fin des temps est toujours une interprétation du vécu social : tout en train de s’écrouler ! C’est la fin ! chacun dresse un diagnostic plus noir que celui de son voisin… une panique très proche de l’hystérie… et les solutions sont simples : écouter des prophètes qui disent que la fin du monde est proche, s’en abreuver et quand on est chrétien, y voir le retour du Christ qui vient juger et punir les mauvais et tout restaurer, et surtout fuir dans des endroits sécurisés, là où on ne sera pas atteint !

Or Jésus dit : « prenez garde de ne pas vous laisser égarer ». Si des gens disent : « le moment est tout proche, ne marchez pas derrière eux »… « Ne soyez pas terrifiés, il faut que cela arrive d’abord et ce ne sera pas tout de suite la fin ». Quelle est alors la solution ? Ne pas fuir, mais rester debout (avec le Christ) dans les traumatismes du temps, demeurer avec douceur (celle du Christ) au milieu de la violence sociétale, rester germe d’amour puisé en Christ au milieu des tremblements de terre du monde. Bref rester là où le Christ nous met, accroché à Lui avec ceux qui souffrent du malheur. C’est ce qui est à vivre : avoir foi en Christ Vainqueur du malheur. 

 

Mais Jésus continue : « avant tout cela, on portera la main sur vous et on vous persécutera »… Si nous restons au milieu du malheur, les persécutions viendront. Pourquoi ? Parce que les chrétiens, s’ils ne fuient pas, sont aussi touchés de plein fouet par cette violence, haine et effondrement général, victimes de cette déflagration … combien de chrétiens au travail se voient reprocher et moquer leur foi dans les rigolades des temps de pause? Quel mal pour certains de porter leur nom de chrétiens dans des repas familiaux aux conversations ironiques et railleuses où l’Eglise est saccagée ! Certes il y a la pédophilie ! Mais ça n’explique pas tout de cette violence !… c’est comme si les gens porteurs de vie spirituelle et d’une lumière vivante étaient visés, comme si la violence noire de la haine sociale se déchainait contre les chrétiens qui essaient de vivre comme ils peuvent l’amour du Christ dans leur  vie… La noirceur n’aime pas la lumière !

Que faire quand cela arrive ? Jésus est ferme : « Mettez-vous dans l’esprit que vous n’avez pas à vous préoccuper de votre défense. C’est moi qui vous donnerais un langage et une sagesse… ! » Gardons la lumière d’un cœur vivant d’amour ! Plongeons dans l’amour de Jésus (son Cœur) pour y chercher la paix et la force de pardon au milieu d’une société affolée et sans humanisme : « c’est par votre persévérance que vous garderez votre vie » (Luc 21, 19)

 

+ Père Jean-Michel MOYSAN, curé