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« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme. (Mt 24, 37)

Le Fils de l’homme doit revenir un jour… c’est la confession de foi qui l’affirme : « Il reviendra juger les vivants et les morts ». Quand ? Au dernier jour, à la fin des temps, à la fin de l’histoire… Mais j’entends la réaction : ‘ce n’est pas demain la veille ! Il y a le temps ! des sectes l’ont prévu et ce n’est jamais arrivé !’ Certes, mais le propos de Jésus est plus profond que cela. Expliquons !

Paroles entendues lors d’une réunion paroissiale : « j’ai une cousine et elle a perdu son mari il y a deux ans, et elle ne s’en sort pas, elle est toujours en dépression… en plus elle n’est pas croyante …» « une amie a un cancer grave et elle ne s’en sortira pas, disent les médecins » Je ressens une angoisse chez ces chrétiens racontant cela : chez eux, la foi en Jésus avait du mal à percer… Elle était écrasée, engloutie, comme les gens au temps de l’Arche de Noé, engloutis par le déluge, incapable de faire face, car le tsunami du malheur a eu raison d’eux… ils en sont morts. Le malheur  dans nos vies écrase souvent le peu d’espérance que nous avons. et nous voilà désarmés ! cela se comprend humainement parlant ! Mais nous sommes croyants en Jésus ! Jésus est ressuscité dans le malheur et qu’il (re)viendra dans nos vies nous ressusciter dans nos malheurs… parlons ‘espérance’ !

Quand quelqu’un décède, il nous faut croire qu’à sa mort, le Fils de l’homme va venir… la prendre pour la présenter à Dieu le Père à sa  miséricorde… Ce n’est pas le Fils de l’homme qui provoque la mort (Dieu n’a pas fait la mort), mais cet évènement humain est comme doublé d’un évènement divin, invisible, la venue du Fils de l’homme ! ‘Dieu les amènera avec lui’, dit Saint Paul aux Thessaloniciens désespérés (4, 14)

 

Quand quelqu’un a un diagnostic d’une maladie grave, il faudrait trouver les mots pour dire ceci : ‘Le fils de l’homme est en train de venir frapper à ta porte pour t’aider dans ce moment crucial, dangereux pour toi, fais lui confiance,  offre toi à Lui dans la nuit… il viendra dans ta vie, crois !. » Trouver des mots demande soi-même d’être habité fortement par l’espérance divine que Dieu existe et qu’il est plus fort que la mort…et je ne parle pas des évènements politiques comme les guerres, les pauvretés, les désastres écologiques… le Fils de l’homme viendra nous dire : ‘réveillez-vous’

Notons que cela se passe, non à la fin des temps, mais ‘au milieu du temps’, au cœur de notre vie : « on mangeait on buvait, on prenait femme… jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme » (Mt 24, 38-39)

Le malheur peut nous engloutir…  Résistons à la puissance destructrice de la nuit, car : « le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière. » (Romains 13, 12) Le désespoir (et ses conséquences pathologiques) sont les œuvres des ténèbres… Pendant l’Avent, tournons-nous vers la Lumière 

 

+ Père Jean-Michel MOYSAN, curé