Ce baptême de Jésus par Jean- Baptiste est bizarre, car si Jésus n’a pas péché, le baptême de Jean ‘pour la conversion des péchés’ n’est pas adapté à lui ! quel sens a-t-il en ce cas ? Il nous faut réfléchir.
Partons de cette décision de Jésus, de faire des kilomètres (Galilée – jourdain) pour venir à Jean Baptîste qui proposait à tout Israël un retour à Dieu par la redécouverte de Dieu et le baptême pour la purification de ses péchés. Pourquoi y court-il, au Jourdain ? il veut tout simplement être solidaire de ce mouvement historique du retour à Dieu de tout un peuple : « Alors Jérusalem, toute la Judée et toute la région du Jourdain se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés… » (Matthieu 3, 5). Et Jésus y va ! Jésus est déjà un homme de Dieu, habité par Lui : « ne savez-vous pas que je suis aux affaires de mon Père », dit-il à 12 ans, quand il devient adulte religieusement. A-t-il la conscience à 30 ans qu’il est sans péché, comme nous l’affirmons théologiquement ‘puisqu’il est fils de Dieu’ ? le texte ne le dit pas… Mais il court se faire baptiser ? Pourquoi ?
Et c’est au moment où il remonte de l’eau, voici que « les cieux s’ouvrent »… Cela rappelle la prière d’Isaïe : « Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais…» (Isaïe 63, 19)… Quand les « cieux s’ouvrent », le temps de leur fermeture, de l’absence de Dieu, du mutisme des prophètes… est fini ! Aujourd’hui en 2026, des personnes nous disent que Dieu leur semble absent, qu’il ne fait rien, que le ciel est fermé !… Or Jésus vient à nous nous ouvrant le Ciel … et l’Esprit saint vient sur lui… A partir de ce moment, il va commencer à guérir, à exorciser, à prêcher : « Convertissez-vous, car le royaume des Cieux est tout proche. » (Matthieu 4, 17)… et il ira jusqu’à la souffrance de la croix, second baptême : Il va plonger dans la mort et ressusciter pour nous sauver.
Pour pouvoir vivre cela, Jésus entend de Dieu cette voie intérieure : « celui-ci est mon Fils bien aimé » ! on ne peut vraiment vivre une mission pastorale que si on entend de Dieu qu’il nous aime personnellement ! Nous l’avons entendu à notre baptême. Croyons-le et annonçons !
+ Père Jean-Michel MOYSAN, recteur
