Le carême nous est offert pour nous préparer à la fête de Pâques, la solennité des solennités, et qui mérite que nous la préparions non seulement sur le plan matériel mais aussi et surtout sur le plan spirituel. En nous préparant à fêter la victoire du Christ sur le mal, nous nous entrainons aussi à l’imiter, c’est à dire à vaincre le mal. Le temps de carême devient ainsi pour nous un temps d’entrainement spirituel à l’exemple des sportifs avant toute compétition, un temps pour renforcer nos capacités spirituelles en vue du combat contre l’esprit du mal.
Le pape Benoit XVI parlait d’un « entrainement spirituel intense », dans son message pour le carême 2009 : « Au commencement du Carême, qui constitue un chemin d’entraînement spirituel intense, la Liturgie nous propose à nouveau trois pratiques pénitentielles très chères à la tradition biblique et chrétienne – la prière, l’aumône et le jeûne – pour nous préparer à mieux célébrer la Pâque et faire ainsi l’expérience de la puissance de Dieu qui, comme nous l’entendrons au cours de la Veillée Pascale, « triomphe du mal, lave nos fautes, redonne l’innocence aux pécheurs, la joie aux affligés, dissipe la haine, nous apporte la paix et humilie l’orgueil du monde » (Annonce de la Pâque).
La prière d’ouverture du mercredi des cendres, appelée aussi oraison, nous trace la voie de notre entrainement spirituel : « Accorde-nous, Seigneur, de savoir commencer saintement, par une journée de jeûne, notre entraînement au combat spirituel : que nos privations nous rendent plus forts pour lutter contre l’esprit du mal. »
Il s’agit pour nous de nous entrainer à être des justes, le Seigneur nous a laissé cette consigne : « Ce que vous faites pour devenir des justes, évitez de l’accomplir devant les hommes pour vous faire remarquer. Sinon, il n’y a pas de récompense pour vous auprès de votre Père qui est aux cieux. »
Pour le carême de cette année le Pape Léon XIV nous invite à nous entrainer à désarmer notre langue : « Je voudrais donc vous inviter à une forme d’abstention très concrète et souvent peu appréciée, elle des paroles qui heurtent et blessent le prochain. Cmmençons par désarmer le langage en renonçant aux mots tranchants, aux jugements hâtifs, à médire de qui est absent et ne peut se défendre, aux calomnies. Efforçons-nous plutôt d’apprendre à mesurer nos paroles et à cultiver la gentillesse : au sein de la famille, entre amis, dans les lieux de travail, sur les réseaux sociaux, dans les débats politiques, dans les moyens de communication, dans les communautés chrétiennes. Alors, nombre de paroles de haine laisseront place à des paroles d’espoir et de paix. »
Bonne montée vers Pâques !
+ Père Eric Ndiolène, vicaire
