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« Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu…» (Jn 11, 4)

Il y a des maladies bénignes et il y a des malades graves où l’ombre de la mort pointe… Dans ce récit de Jean ch. 11, Lazare est malade… vraiment malade. Et d’ailleurs il va mourir. C’est donc grave ! l’angoisse de Marthe et de Marie se voit : « Seigneur, celui que tu aimes est malade » et la réponse du maitre tombe nette : « cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu ». est-ce un déni, une foi en Dieu empêchant de voir la gravité des choses, à travers une illusion ‘spirituelle’ ou est-ce autre chose de plus profond ? réfléchissons !

la maladie ou la mort de quelqu’un nous ramène à la réalité… c’est de l’humain ! Le corps est touché.

Il ne fonctionne plus. Mais quand la réalité de Dieu se manifeste dans la maladie…, le point de vue est autre. Résumons-le ainsi : pour la foi, tout est lieu de manifestation de la vie divine, au cœur même du plus noir ! Saint Paul le dit : « Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. » (Romains 8, 22) Nous sommes faits pour être enfantés à la Vie, grâce à Dieu… et chaque évènement doit être porté vers Dieu avec confiance comme le lieu d’une métamorphose : « J’estime, en effet, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous. » ou ce qui est encore plus fort : « Nous le savons, quand les hommes aiment Dieu, lui-même fait tout [y compris le négatif] contribuer à leur bien... » (Romains 8, 28)

Ici l’ami de Jésus, Lazare, va plonger dans la gravité de la maladie et va mourir. Et Jésus n’est pas naïf (‘Lazare est mort’, dit-il) et il va profiter de cet évènement pour catéchiser ses apôtres au plus vif de l’existence malmenée : «  je me réjouis de ne pas voir été là, à cause de vous pour que vous croyiez, mais allons auprès de lui. » A entendre cela, nous nous étranglons de cette ‘réjouissance’ ! Il faut vraiment que ce soit Dieu qui dise cela… Mais Ils vont y aller auprès du mort ! Nous, que peut-on faire auprès d’un mort, sinon prier pour son âme, pour qu’il aille au paradis ?… Lui Fils de Dieu, que peut-il faire auprès d’un mort ? sinon le ressusciter et le faire revivre ! il va réaliser ce qui impossible humainement : ressusciter quelqu’un dans son corps ! Nous sommes invités à croire que Jésus peut le faire… ici et maintenant et pas uniquement ‘’au dernier jour’ !

Mais soyons clairs. C’est Lui qui le fera, car il est habité totalement par l’Esprit saint ! Ce n’est pas nous qui pouvons le faire, même si des saints (à la suite de Jésus) ont ressuscité des morts (Saint François de Sales, Saint Yves de Tréguier). Nous ne pouvons que prier auprès d’un mort, en espérant à sa résurrection à la fin des temps ! Mais il est un fait : la maladie de Lazare ne conduit pas à la mort, mais à la résurrection ! Faisons confiance en Dieu qui promet la Résurrection : « où irions, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ? »

 

+ Père Jean-Michel MOYSAN, curé