Pour beaucoup cela est incompréhensible : en quoi une crucifixion, une mort peut nous sauver ? Et sauver de quoi ? essayons de comprendre…
Disons-le d’une formule brève : Jésus sauve, car dans son humanité, Il assume tout ce qu’un humain peut vivre, y compris la haine et le péché des hommes et cela avec l’amour du Père qui est en lui.
Ainsi, par l’amour, il écrase toute puissance de mort… De cet évènement, nous en bénéficions aujourd’hui en prenant Jésus ressuscité pour guide intérieur.
La semaine sainte nous décrit une semaine où Jésus est broyé par le mal… Or Jésus avait vu cela, comme si sa trajectoire propre à lui allait vers là : « il faut que le fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit tué par les anciens et que le troisième jour il ressuscite » Et il prend la route de Jérusalem, ‘en durcissant son visage’. il y a là une décision de ne pas fuir, mais d’affronter, de se battre avec l’amour de Dieu au cœur !… contre qui ? Contre la puissance du mal qui habite le monde, le diable…
Pour voir cela dans les faits, il faut regarder les évènements, mais surtout la manière qu’a Jésus de les vivre
Quand Jésus est trahi par Judas, il lui dit « c’est par un baiser que tu livres le fils de l’homme ! »…
Judas reste pour lui un homme ! Il continue à l’aimer ! Quand Jésus paraît devant le Sanhedrin, Il répond à l’interrogatoire avec Vérité… car la Vérité rend libre… « es-tu le Christ ?, demandent les juifs… « je le suis dit-il, et désormais le Fils de l’homme sera assis à la droite de la puissance de Dieu (Luc 22, 69)» « il a blasphémé ! reprennent les juges, il mérite la mort… et la haine se déchaine contre ce blasphémateur ! Mais la vérité est autre… il est habité par Dieu… et Il le prie…
Quand Jésus paraît devant Pilate, il ne dit rien ! A la foule qui crie : « crucifie-le », il ne dit rien, il assume la haine des hommes, la prend sur lui et continue à garder la foi en Dieu son Père. Et on lui met une croix sur les épaules… Or pour mettre à mort, les juifs lapidaient, les romains décapitaient…
Mais un troisième supplice existait : la crucifixion pour les prisonniers de droit commun, bref aux non-humains ! on le considère comme un rien ! on lui fait subir le supplice le plus vil ! mais la foi estlà ! Sur la croix, au milieu des souffrances, il continue à prier, ne ressentant plus la présence douce de son Père : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mais il continue à prier dans la nuit !
Sur la croix, il s’écrit : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’il font » Il continue à aimer Dieu et il meurt en priant : « entre tes mains, je remets mon esprit »
Il aura tout subi, tout assumé… mais pas seul ! Avec l’amour du Père en Lui… Il est resté attaché à Dieu. Son intériorité reste habitée par l’amour. Et cela a broyé la haine… Voilà le salut arrivé en lui Jésus ! Car « c’est pourquoi Dieu l’a exalté… et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom… (Philippiens 2, 9). Parce qu’il a assumé tout le mal, Dieu le père il l’a ressuscité !… La croix nous sauve aujourd’hui par l’amour Jésus vivant qui vainc la haine ! Traversons avec Lui toutes nos souffrances !
+ Père Jean-Michel MOYSAN, curé
