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Onction des malades : « Que votre cœur ne soit pas bouleversé ! »

Recevoir l’onction des malades est proposé ce dimanche dans notre paroisse. Anciennement ‘extrême onction’, ce sacrement a été voulu depuis le Concile Vatican II comme la Grâce du Christ venant au cœur de la maladie (et non uniquement au seuil de la mort). Même si on peut le donner toujours à ce moment-là, il est chargé de soutenir en pleine vie une personne recevant un pronostic grave, voyant sa maladie s’aggraver, vivant un trouble psychique, un handicap ou des grandes pertes : dans cette ‘descente aux enfers’, le Christ vient dans l’onction des malades tenir la main et ‘sauver’, car l’ombre de la mort pointe son nez!

« Que votre cœur ne soit pas bouleversé » dit Jésus dans l’évangile de ce jour ! Le soir même il va être arrêté et de l’angoisse se lit sur les visages des disciples. Jésus n’a pas connu la maladie, mais il a connu l’angoisse de la mort imminente, mais il a le cœur ‘en Haut’ dans l’abandon à Dieu le Père. Et il console ses disciples.

« Quand je serai parti, je pars vous préparer une place, je reviendrai et je vous emmènerai auprès de moi… » Que veut dire cela ? Après la traversée de la mort, il revient et c’est la résurrection ! il a vaincu la mort, il est vivant et il nous prend en lui. Et c’est dans ce secret de la demeure intérieure livrée à l’angoisse que la grâce du Christ vient, puissante, source de résurrection, comme Lui le Christ est ressuscité. Mais il faut entendre le Christ nous dire : vous êtes disciples, ouvre-vous à moi… vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi !’ Dans la maison de mon Père, il y a de nombreuses demeures…

Que va apporter l’onction des malades pour celui qui le reçoit ? on ne le sait pas. Il a demandé la guérison ? L’obtiendra-t-il ? ou recevra-t-il une pacification simplement, un surcroit de foi en Christ dans le combat du corps contre la maladie, la destruction du corps faisant son travail et amenant à la mort… le malade ne le sait pas… cette nuit du non-savoir va lui demander de faire le saut de la foi : ‘Seigneur, sauve-nous, nous sommes perdus’… Mais il doit être convaincu par la parole de Jésus : « demandez et vous recevrez » : Dieu guérira toujours ‘quelque chose’ en lui… physique, psychique ou spirituel.

En effet, certains perçoivent ceci… ils voient qu’il leur faut prendre une autre orientation de vie, qu’il faut demander pardon des péchés ayant assombri la relation à Dieu et à eux-mêmes, passer par la ‘case’ purification de l’âme, faire la vérité sur leur vie et prendre un nouveau chemin, car ils ont pris des ‘chemins de mort’ (peut-être en lien avec la maladie déclarée)… et ainsi ils découvrent avec

profondeur que Jésus leur dit : ‘je suis Le chemin, La vérité et La vie’ et ils retrouvent l’union avec Dieu qu’ils avaient perdu… Certains se confessent avant de recevoir le sacrement… voici la guérison spirituelle arrivée… le reste peut venir ! mais c’est donné comme une grâce de Dieu qui seule la donnera !

 

+ Père Jean-Michel MOYSAN, curé